Déchaînée par digressions : je ne m’arrête plus

 J’aime écrire, et ça je le dis très souvent à qui veut l’entendre. Le jour où j’ai créé ce blog a été l’un des plus lumineux de cette année.

A la base, écrire me permet de libérer mes émotions, je le vivais beaucoup plus comme une thérapie. Ça me permet d’ordonner mes pensées pour mieux les comprendre. J’ai grandi dans un environnement où la parole n’avait pas une place envahissante. Mon père n’est pas trop bavard, ma mère est assez stricte, alors que moi j’adore parler.

Ma rencontre avec l’écriture

J’ai découvert l’écriture suite à un évènement tragique qui m’avait bouleversé à l’âge de 16 ans (rassurez-vous, ce n’est pas une histoire de cœur).

C’est alors qu’un soir, me sentant tellement mal, submergée par l’émotion, j’arrivais à peine à respirer, encore moins à parler. Il fallait que je trouve un moyen d’évacuer cette surcharge émotionnelle. J’ai donc pris un papier à lettre de couleur verte, un stylo, puis j’ai commencé à écrire, mon stylo griffonnait au même rythme que les battements de mon cœur, coordonnées à la vitesse de mes pensées, tout était tellement synchronisé, de même que ces larmes qui coulaient le long de mon visage sans que je ne m’en aperçoive.

 C’était tellement intense, et comme par magie dès que j’ai posé le stylo, un calme sourd s’est emparé de moi. Tout est redevenu simple et vivable.

 C’était la toute première fois que j’écrivais avec autant de passion, j’étais en classe de Terminale.

 Avant ça, tout au long de mon parcours académique, j’étais le genre d’élève chez qui il ne fallait jamais prêter de cahier, pour se remettre à jour si vous voulez rattraper vos cours. Je ne notais quasiment rien, j’avais la flemme d’écrire, c’était pour moi une corvée dont je me passais volontiers. J’avoue que je n’étais pas l’élève la plus studieuse que mes enseignants avaient eu. Je ne sentais pas la nécessité de faire des efforts. Je n’avais pas besoin de fournir un grand effort pour être moyenne et assurer mon passage en classe supérieure ou avoir mes examens. J’étais intelligente, spontanée, enthousiaste, et moyenne. C’était suffisant.

En réalité j’avais peur de l’excellence, faire des efforts allait surement me pousser dans le rang des meilleurs. C’était ma bête noire, être excellent attire beaucoup de regards sur vous, et moi je ne m’assumais pas assez pour supporter le regard ou l’attention des autres. Je préférais donc en toute conscience être une élève moyenne, me noyer dans la masse.

Un peu plus tard, j’ai renoué avec l’écriture lors de ma grossesse. C’était le seul moyen par lequel je communiquais avec mon bébé. J’avais un petit carnet dans lequel je lui racontais des histoires. Je lui parlais de mon état d’âme, je lui parlais de son évolution, après chaque échographie je lui faisais le point. Quand j’ai mal, je lui écris.

Un peu comme un journal de grossesse.

Il y a quelques mois de cela, en rangeant mes effets, j’ai revu mon journal de grossesse et lorsque je l’ai ouvert, je suis tombée sur cet écrit qui m’a réchauffé le cœur :

 « Mon petit cœur, je sais que je travaille trop dure et que cela pourrait t’affecter. Heureusement que tu es fort comme ta petite maman. Entre autres, je viens de finir 04 Comes (une pâte béninoise à base de mais), moi qui peinais à manger 02 quand j’étais seule. Je suis contente que tu aies un appétit aussi féroce, mais attention, ne grossis pas plus qu’il n’en faut. Je t’aime ».

Parfois j’écrivais de petits paragraphes, parfois je remplis plus de 04 pages. C’est ainsi que j’ai développé peu à peu une saine passion pour l’écriture, et au fils du temps, j’ai crée mon premier blog, puis le blog d’une fille-mère.

Si à cet instant précis, vous vous demandez ce que digressions à avoir avec tout ce bavardage plus haut, tirez votre tabouret et asseyez-vous confortablement, l’histoire commence maintenant.

Les préalables à l’écriture

Cette année curieusement, j’avais besoin de changer quelque chose dans ma vie, de me retrouver, de connaitre mon vrai « Moi ». C’est ainsi que lorsque je suis tombée sur l’annonce d’un atelier d’écriture « Lire utile pour écrire utile », je n’ai pas hésité à m’inscrire. Je n’avais pas un objectif clair et palpable. Certes, je voulais affiner mon écriture, mais ma présence dans l’atelier avait une raison plus profonde: retrouver mon « Moi ». Ça peut paraitre bizarre, penser se retrouver à travers les soins apporter à son écriture est une chose abstraite, mais pour moi c’était très significatif. En outre, il y avait quelque chose qui me parlait dans la dénomination de cet atelier le mot « Utile ». A ce moment où toute ma vie était enfouie dans un désordre dont j’avais du mal à cerner, apprendre quelque chose d’utile pourrait certainement m’aider à trouver du sens à mon existence.

 Oup’s je ne vous ai pas parlé de digressions

Mes digressions

Je pourrais vous mettre une définition de petit robert, Larousse, ou supposé que vous connaissiez la signification de digressions, mais cela ne saurait être complet. Alors voici la méthode que nous allons utiliser :

Ouvrez une nouvelle page dans votre moteur de recherche, et taper C. Befoune.

 Non seulement vous découvrirez le sens de digressions dans toutes ses dimensions, mais vous serez propulsé au plus profond de votre être pour en sortir le meilleur.

Mon objectif à travers ce billet n’est nullement de spoiler l’atelier d’écriture « Lire utile pour écrire utile », de toute façons il ne se raconte pas, l’atelier se vit. Mais je retrace ici la genèse de ce blog, d’où je suis partie, et cette histoire est intimement liée à l’atelier.

Befoune fait partie des rares blogueurs que je lis avec satisfaction. Il faut dire que je n’avais pas l’habitude de lire, je ne connaissais pas beaucoup de blogueurs qui abordent des thèmes qui m’accrochent. Mais à la fin de chaque lecture sur mes digressions, je quitte les lieux remplie d’espoir, et avec l’assurance de ne pas être la seule à se sentir différente.

Vous comprenez donc que le fait que l’atelier soit initié par Befoune a naturellement pesé dans la balance. Même si je suis rentrée dans cette aventure comme les enfants du laboureur, qui devaient chercher un trésor qui leur ait parfaitement inconnu, j’étais confiante que j’allais en sortir avec le trésor.

Atelier d’écriture « Lire utile pour écrire utile »

« Il ne suffit pas d’aimer l’écriture pour écrire »

Voici ma plus grande torture au cours de l’atelier. Je vous préviens, écrire n’est pas une partie de plaisir à tous les coups, et l’atelier n’est nullement destiner à vous caresser dans le sens du poils. D’ailleurs Befoune vous l’explique mieux ici.

J’ai eu du mal à accepter que mon amour pour l’écriture était insuffisant. En plus, mes lacunes accumulées de ma vie de « fake student » ont refait surface au fur et à mesure que les exercices s’enchainaient. Je me suis retrouver devant les maux dont souffrait mon écriture, contaminer par mes propres maux. (Chécker le rime, rire)

Moi qui m’attendais à avoir des templates toutes faites, des documents et des astuces permettant de bien écrire, mais non, l’atelier allait au delà de cela. C’était un énorme travail aussi bien sur le fond que la forme, cela s’est fait durant 08 semaines et répondait spécifiquement au besoin de chaque participant.

Il va sans dire que les premières séances ont été très laborieuses pour nous. Je suis restée dans un groupe de cinq blogueurs qui se sont également inscrits dans la deuxième cohorte comme moi, et auprès de qui j’ai énormément appris beaucoup (cc Amanda, Nafissatou, Lassina, Mira Noa). J’ai retrouver mon écriture complètement déchiqueter et je devais la refaire morceau par morceau, bien la construire pour qu’elle soit fluide, intéressante et utile. C’était dur, il fallait bosser alors plus dur pour y arriver.

Ce n’était pas très évident au début. A un moment j’ai pensé que je m’étais trompée, que l’écriture n’était peut être pas faite pour moi et qu’il fallait prendre mes jambes au cou et aller rechercher mon « Moi » ailleurs.

Plus les séances passaient plus ma déception envers moi-même prenait du poids, l’élève que j’étais redevenue devait chercher ses marques. Ici il ne s’agissait plus d’excellence, mais d’utilité, la viabilité de mon écriture en dépendait et je devais donc me mettre à la tâche. Renouer donc en toute urgence avec les bases de la langue de Molière. Je me suis même référée aux leçons de CM2. Je vous l’ai dit, ce n’était pas du gâteau au chocolat.

Le déclic

Pour mes débuts dans l’atelier, j’étais dans un manque de confiance extrême. Un jour, après avoir décortiqué et corrigé l’article que j’ai produit dans le cadre d’un exercice, Befoune a dit une phrase qui a fait bouger mes sens. C’était passer comme un éclair parmi toutes ses reproches, mais c’était assez pour retenir mon attention. Je l’ai capté, et pour le reste de la période, c’était devenu mon leitmotiv.

Je pense que tu peux bien écrire, mais j’ai l’impression que tu te caches, tu mets beaucoup de draps sur ce que tu écris. Pourquoi tu te caches autant?

Befoune

Cette phrase résonnait désormais en boucle dans ma tête. Si Befoune a pu voir mon état d’âme à travers mes écrits, alors je peux enfin me lâcher. Je peux donc libérer l’humain en moi, sans être atteint par d’éventuel jugement.

Ensuite il fallait lire utile, puis j’ai été orienté vers le blog de Zhervel. C’était le genre de lecture qu’il me fallait pour retrouver ma voie. Les choses commençaient donc par se dessiner plus clairement, aussi bien dans ma tête que pour mon écriture. Je savais que cette partie de ma vie que je n’assumais pas jusque là en avait marre et était prête à être exposée au reste du monde.

Et vint la cerise sur le gâteau.

Je ne peux pas relater mes aventures dans l’atelier sans parler de Tchonté. C’est notre seconde enseignante, l’assistante de Befoune, son amour pour les livres est inconditionnel et vous pouvez le remarquer à travers Les Chroniques de Tchonté , évidemment je ne vais pas évoquer le Garba ici, vous comprendriez mieux si vous la suivez sur les réseaux sociaux. Suites aux évènements cités plus haut, mon esprit était plus ou moins apprêté pour produire du contenu de qualité meilleure. Je savais qu’il fallait créer un nouveau blog. Et ceci a été plus évident lorsque Tchonté m’a demandé d’écrire un article sur « Pourquoi j’écris ». Cela a sonné comme le son de la cloche de départ à mes oreilles. C’était à cet instant que mon écriture allait prendre corps, puis j’ai créer le blog en publiant mon premier article qui explique les raisons pour lesquelles j’écris.

Mon premier Fan

J’ai partagé mon premier article sans me soucier des retours que je pourrais avoir, autrement je n’allais peut être jamais publié ce genre d’article par crainte d’être prise pour une malade ou d’être jugée. Trop de choses enfouies au plus profond de moi, pourtant aux yeux du monde, je ne sais sourire qu’autre chose.

J’avais déjà oublié l’article que je venais de partager quand je reçois une notification. J’ouvre le message et je ne m’y attendais pas, j’ai du déposer le portable, courir à la douche pour me rincer le visage afin de retrouver mon souffle.

Bonjour, comment vas-tu?

J’ai lu ton texte hier et en quelques minutes j’ai souri, ri, tremblé, puis je me suis retrouvée finalement au bord des larmes. Et si elles avaient coulé, ça aurait été des larmes d’émotions.

Mes sens ont pris un envol et ont voyagé dans mille cieux à travers tes mots:

Cette fusion d’émotion n’a pas de prix

Mira Noa

J’ai pris 10 minutes pour assimiler ce que je venais de lire, le message de Mira venait non seulement me confirmer que j’étais sur la bonne voie, mais intérieurement je me disais, waouh comme elle a du talent. Je lui ai fait couler des larmes d’émotion et par sa réponse, elle a réussi à faire pareil.

Ouf c’était de trop.

Je venais de gagner tout bonnement une partenaire d’écriture, et je puis vous garantir que la suite de l’atelier a été beaucoup plus simple pour moi.

Mira est donc devenue ma partenaire d’écriture, mais également de lecture. A travers son blog A tireless mind, elle partage sa passion pour la lecture.

L’atelier « Lire Utile pour écrire utile » m’a non seulement donné de la matière pour affiner mes textes, mais plus de confiance pour étaler mes pensées.

Et depuis, je ne m’arrête plus.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s